L'ATELIER PAILLARD
Depuis 1952, la Maison Paillard héberge son propre atelier de fabrication. Il se trouve au sous-sol de la boutique, et c'est là que les joailliers et les sertisseurs se relaient sur l'établi. Voici les six étapes par lesquelles passe une pièce fabriquée ici.
La conception
Tout commence par un dessin, puis par la modélisation en trois dimensions. Chaque pierre est placée une à une dans le volume, et rien n'est laissé au hasard avant que la matière n'existe : sur ce pendentif, deux cent quatre-vingt-deux diamants pour un carat quatre-vingt-quatorze.
La cire
Le fichier part à l'imprimante. Elle dépose la cire couche après couche, et la pièce devient un objet que l'on peut tenir entre deux doigts. C'est le premier moment où l'on voit vraiment ce que l'on a dessiné.
La fonte
La cire part chez le fondeur. Noyée dans le plâtre, elle disparaît sous la chaleur et le métal vient prendre sa place : la fonte à cire perdue, inchangée depuis des siècles. C'est ici que se décide la matière — or blanc, or jaune, or rose ou platine. La pièce revient brute, sans éclat, et c'est à partir d'elle que tout le reste se joue. À partir d'ici, nous suivons une seule pièce : un solitaire, de son retour de fonte jusqu'à sa dernière brillance.
Le dessin de ce solitaire
Avant la cire et la fonte, cette bague a d'abord existé à l'écran : l'anneau fendu, les griffes, et l'ovale posé dedans au dixième de millimètre près.
Le travail du métal
Le joaillier reprend la pièce telle qu'elle revient. Il nettoie la fonte, reprend chaque surface, ajuste ce que le métal a fait en refroidissant. Rien ne se voit à ce stade, et pourtant tout s'y décide : une pièce mal reprise ne se rattrape pas.
Le sertissage
Le sertisseur creuse d'abord les griffes par l'intérieur, pour que la pierre vienne s'y loger exactement. Il la pose, la cale, puis rabat les griffes une à une et les égalise à la lime. Quelques centièmes de millimètre de trop et la pierre bouge ; quelques-uns de moins et elle se fend.
Le polissage
Le polissage est un métier à part, confié à un polisseur. Brosse après brosse, de plus en plus fine, le métal perd ses dernières traces d'outil. Le bijou sort du bain, et c'est seulement là qu'il se met à briller.
Un dessin, six gestes, une bague.
Le solitaire terminé, tel qu'il quitte l'atelier.
LE GESTE
« Force et personnalité, le bijou est une œuvre d'exception et de rareté, mais qui se doit de révéler celle ou celui qui le porte. Il faut donc savoir renouveler, surprendre, mais rester intemporel. » — David Cohen